Partir ou la chanson de la nuit

Partir un soir, à l’heure où le crépuscule allume quelques lampes derrière les fenêtres et quelques étoiles au firmament.

Marcher longtemps dans les odeurs tièdes de la nuit, sur des chemins sans lunes éclairés d’étoiles.

Entendre chanter les sources alentour, cascades d’oiseaux staccato sur le même tempo.

Deviner les grands arbres, frôlés par les vents exquis, participer au murmure nocturne.

Voir l’air circuler à grandes brasses tièdes comme de l’eau, être tenue dans cette grande main chaude, s’y sentir bien.

Eprouver la fatigue du chemin montant à l’assaut des collines herbeuses, fleuries sous leur manteau de nuit.

Ecouter la plainte des cailloux sous les pieds nus.

Percevoir la vie, recevoir l’offrande du monde, être seule.

Accompagner cette solitude de mille voix, berceuses, grondeuses, chantantes dont l’expression discrète comme intériorisée ajoute encore au grand silence qui t’habite.

Anticiper plus loin l’au-delà des collines, l’air s’y fait plus âpre, plus soutenu, et plus âpre aussi la chanson de la nuit.

Lécher ses lèvres et les trouver salées.

Entendre alors comme issu du silence le cri d’un goéland.

Se savoir arrivée, sa soif sans limite apaisée par le bruit du ressac,

Au bord du grand océan, source de toute vie, brouillon primitif, grand anéantissement.

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