Le chant du vide

Le Chant du vide : critique

« Un jeune homme marche sur une corde tendue entre deux immeubles, la foule en bas retient son souffle. C’est qu’il est bien jeune ce funambule et ses cheveux blonds soulevés par la brise, lui font d’en bas, comme une auréole… »Le début de ce roman nous place d’emblée dans le vif du sujet, Oscar avoue quinze ans de détresse affective, ce n’est pas un enfant martyre mais le jeune garçon se sent mal aimé depuis toujours. Son père notamment, un cascadeur de renom, le méprise parce qu’il souffre de vertige… Le chant du vide nous raconte l’itinéraire initiatique de ce garçon qui pour réveiller une corde affective chez son père, va braver sa peur du vide jusqu’à devenir funambule. L’auteur, qui s’est suicidé peu de temps après la parution de son livre, écrivait ceci à, propos de son personnage «  Oscar n’avait pas assez de musique dans son cœur pour faire danser sa vie, il a préféré la jouer sur un fil, au risque de tout perdre, vérifiant ainsi l’adage bien connu – la vie ne tient qu’a un fil- »

Référence : Jean, Jean. Le chant du vide . Flammarius. (Paris, 2002) ISBN : 9782650775115146

le chant du vide (suite)

Ce roman écrit à la manière autobiographique, à la première personne du singulier, nous parle de nous, nous parle de vous…Je – dont jamais nous ne connaîtrons ni le nom ni la profession, nous emmène dans les recoins les plus tortueux de sa conscience, voire de son inconscient, à la recherche de son – notre – identité profonde.

Je – est sans doute un homme – encore que tout au long des 2381 pages de ce roman fleuve un léger doute subsiste à ce sujet – Il fête ses 35 ans et cet anniversaire est l’occasion pour lui de faire un retour sur lui même – et quel retour !- un retour vertigineux, d’où d’ailleurs le titre.

Je – donc – nous parle de nous… c’est à dire qu’il ne nous parle de rien – de rien mais avec des accents, Ah ! des accent sublimes, ses ponctuations, en effet, sont savoureuses.

Ce Chant du vide , est une exaltation masochiste et féconde du Néant qui mine chacun de nous. Une lecture délicieusement anihilante donc… si toutefois il reste en vous quelque chose à anihiler ! L’auteure, un jeune mannequin new-yorkais, interrogée sur les motivations profondes qui l’ont conduite à l’écriture de ce livre, nous confie : « Je souhaitais douloureusement écrire un concerto pour piano en ut majeur mais comme je n’y arrivais pas, j’ai écrit cette apologie de l’aspiration par le vide »

A défaut d’inspiration, laissons nous donc, chers lecteurs, aspirer…

Référence : Néant, Augustine.Le chant du vide. Flammarius, (Roanne 2003). ISBN : 9782650775114145

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