Gaïa ou l’ingénu collapse

Il a dit l’ingénu sous l’arbre sacrifié

l’envie de l’embrasser 

L’embrasser là sous l’arbre  mais

L’arbre qui tombe ne cache plus la forêt

Sinon de béton gris les hautes verticales

L’arbre encore vif qui devant la voiture

S’affale

Des horizontales dédiées aux véhicules

Recule…

Sous cet arbre là, peut-on encore s’embrasser ?

Est ce que ce monde est sérieux ?

A pleuré l’ingénu attristé du refus

Est ce que ce monde est sérieux ?

Quand mugissant tel le taureau dans l’arène et

Dans un dernier et sinistre craquement

S’abat

Sous la fatale faux, l’arbre qui vif

et croissant

Devait sauver le monde et ses enfants

de chair et d’écorce ?

Ses enfants d’écorce et de chair que partout vifs

l’on écorche ?

Il a dit l’ingénu sous l’arbre, torturé

Est ce que ce monde est sérieux ?

Quand l’arbre devant le béton recule

Et ne cache plus

La forêt

Que plus rien ne tempère le béton

des hautes verticales

Ni plus rien ne tempère le goudron

des longues horizontales

Où s’entasse la foule

d’autres êtres sacrifiés,

Ou circule la foule

de ceux qui se repaissent

de vaches à l’agonie,

porcs martyrisés,

poules en batterie…

la foule de ceux qui sans le savoir ont perdu

Leur humanité

Il a dit l’ingénu

l’envie que l’on embrasse

pourtant

Et l’arbre et sa souche

Et le peu de terre laissée autour

Que l’on embrasse la planète et les hommes et la femme avec

Embrasser enfin tous ceux que l’on délaisse ou sacrifie

A l’autel de l’immonde profit

Embrasser coûte que coûte et

Contre les vents et marées qui s’enflent

Et grondent

Celle pour qui un jour on crut

Tutoyer les nues

Et tremblants, côtoyer des ravins, les gorges profondes

Celle et ceux qu’un jour on aima

Commençons par toi en d’ autres temps connue

Un peu moins sèche un peu plus fraîche

En tes amples nudités

A l’image de jadis notre planète

Ses jolis minois hélas défigurés

De trop de substances nocives, en ingestions massives,

de trop d’intensives et pratiques funestes

Le tien, ma chère Gaïa a encore de beaux restes

Verte encore

Il a dit l’ingénu l’envie de l’embrasser

Ah non ? Vraiment ?

Alors

Adieu…

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