Il cherchait sa voie…

Il cherchait sa voie, celle dont partirait le train de 24h36, « quai C » lui avait-on affirmé, « à moins que ce ne soit le D, le D ou le C » avait répété cet individu le drôle de petit homme qui tenait le guichet dans l’immense salle des pas perdus de cette -pourtant petite-gare au milieu de nulle part.

Il cherchait sa voie ruminant : « D ou C, D ou C, D? C? … Il faudrait savoir » se dit -il agacé. « Quelle situation démente » soupira-t-il encore, n’avait-il pas vu dans le regard de ce petit homme une drôle de lueur? Comme quelque chose de machiavélique ? « Il se moque de moi ! De quai je n’en vois qu’un et pas de numéro ! et puis quel horaire surprenant 24h36 ces gens décidément… »

Mais il n’eut pas le loisir de réfléchir plus avant un train long, noir et fumant arrivait. Où allait-il il ne le savait pas, peu importe, tout ce qu’il voulait c’était sortir de ce trou à rat où il se trouvait. Un coup d’œil machinal à sa montre ne le renseigna pas davantage sur l’heure, elle était cassée…il monta… l’antique machinerie s’ébranla.

C’était un soir, un soir gris un de ces soirs où le soleil se couche sans bruit,sans transformer le ciel en symphonie de couleurs, ces ors pompeux, roses en volutes dont le couchant nous gratifie parfois : harpèges visuelles comme déployées à par la plus mélodieuse des harpes célestes…

Non ce soir là, rien de tout ça

C’était un soir gris, gris à l’image de notre homme, en effet il était,mais alors, totalement gris

Tout ça parce-qu’un peu plus tôt dans cette grise journée il cherchait sa voie, pas le quai C ni le quai D non, l’autre, celle qu’on cherche lorsque l’on croit encore que la vie a un sens.

A force de penser, il s’était fait des nœuds au cerveau et quoi de mieux que ce remède éprouvé? Quoi de mieux que l’alcool pour dénouer les nœuds ?

C’est en sortant du quatrième bar qu’il avait vu le chat…

Et c’est comme ça que caressant le chat, quel risque il a pris ; si lui était gris le chat était noir ; il a, curieux sort, trébuché sur sa queue.

Il trébucha et quelques entrechats et pas chassés plus tard atterrit quelle tristesse sur le pavé, gris.

Son crâne frappa le trottoir et le bruit qu’il fit , sec et comme amplifié par le soir qui tombait, n’eut d’égal en sonorité que le hurlement du chat.

En définitive s’est-il dit confus « j’avais un destin » tandis que le miaulement déchirant du chat, instrument malgré lui du destin de l’homme gris, s’estompait.

Un chat noir, un corps gris et sur le pavé, gris, merveille, une belle tache vermeille mais l’homme lui n’était plus là

Il poussait la porte de la petite gare et dans le soir gris au petit homme noir, tiens comme le chat, demandait sa voie… Dessaoulé pour le coup par ce coup du destin il cherche son chemin…

Erre dans la gare, trouve sa voie, monte dans le train

Et puis s’en va…

Moralité : à trop chercher sa voie il arrive hélas qu’on la trouve …

Tout comme un train, une voie peut en cacher une autre…

13 Comments

  1. Sur le dernier post consacré à la mésaventure du père nono, il n’est pas possible de laisser un commentaire alors je le fais la. Je trouve le texte génial, plein de fantaisie et d’humour. J’aime ton style d’écrit et aimé tes articles. Bonne année déjantée.
    Alan & Pigraï

    Aimé par 2 personnes

    1. J ai vérifié tu as raison les commentaires ne sont pas ouverts pour ce post je ne comprends pas pourquoi je n’ai pourtant rien changé dans mes paramètres je vais chercher encore

      J'aime

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