C’était donc Jules !

Un soir d’automne, peinard dans mon canapé, je bouquine, comme à mon habitude, un thriller bien sanglant. Minuit a sonné et j’ai quelque peu abusé de mon whisky préféré, un Glen quelque chose hors d’âge et très malté,  quand je m’apprête à aller me coucher.

En appuyant sur le commutateur pour éteindre mon plafonnier, je jette un coup d’œil distrait à ma fenêtre, chichement  éclairée par le réverbère installé quelques mètres plus loin. Tout à coup une forme sombre s’interpose, occultant la lumière. Mais qu’est-ce que cette ombre toute bossue ?

Je m’approche et là découvre qu’un être fait l’âne et grimace à mon carreau, un drôle d’être biscornu, avec sur la tête ce qui ressemble, tout cabossé à  un vieux chapeau haut de forme…

Ne voila t-il pas que cet être me tire la langue et roule des yeux tout contre la vitre ?

Non mais quel malpoli ! Je m’écarte avec humeur et lui fait signe de partir.

Non seulement l’abruti derrière la vitre ne s’en va pas mais se met à frapper la vitre. Toc TOC TOC…

« Ca ne va pas bien oh !! il va casser ma fenêtre à présent !! ! mais que veut-il à la fin ?? et Qui est-ce donc ??? « 

« Bougre d’âne, espère d’olibrius ! Tu vas voir de quel bois je me chauffe !! »

La colère me prend pour de bon, m’éloignant de la fenêtre et criant toujours « Ah tu veux casser ma fenêtre à présent et bien tu vas vraiment voir de quel bois je me chauffe ! »

Ivre de rage autant que d’alcool, je me tourne vers l’âtre,  empoigne une grosse bûche dans le panier d’osier placé contre. 

Sans plus réfléchir, d’un coup j’ouvre ma fenêtre et avec force abat ma bûche sur l’intrus.

Tandis que le chapeau haut de forme roule un peu plus loin,  mon gêneur ( il parait beaucoup plus petit que son ombre n’en laissait croire) chancelle et   tombe de l’appui de la fenêtre, crâne contre le pavé.  Le  craquement, sinistre, semble retentir dans toute la rue déserte.

Echappés  sans doute d’une besace qu’il portait  à son épaule, une pluie de petits objets multicolores s’égaye aussitôt dans la rue.

Je me penche pour mieux voir, et là, avant même que ma vue m’ait renseigné,  l’odeur sucrée, douçâtre, épouvantablement chimique,  caractéristique de l’infâme bonbon Haribo,  me monte au nez. 

Je reporte horrifié les yeux sur ma victime dont les yeux ouverts ne regardent pas la lune apparue sur ces entrefaites.

« Mon Dieu mais quelle horreur, mais qu’ai-je fait !!! c’est le morveux du 5, c’est le fils des voisins, le petit Jules, déguisé en croque-mort … »

Le lendemain la gazette locale titre :

« Drame d’Halloween, un enfant malencontreusement tombé d’un rebord de fenêtre… »

Je ne lirai plus de thrillers après minuit…

 

4 Comments

  1. …plus de thriller et plus de boissons maltée ! Ou alors à petites doses. Le match Haribo contre Glen est inégal 🙂
    Biz, très chère Cécile ! A bientôt !

    PS : j’essaie de rattraper mon retard de lecture. Mais, dis-moi, tu as été extrêmement prolifique ! Pas sûre que j’y arrive en un jour.

    Aimé par 1 personne

  2. Ah! la dépendance aux bonbons Haribo ! C’est comme les Tagada fraise ! On s’en mord les doigts ! Mais quand même ! Si c’est comme ça que tu traites ton Jules ! …

    Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s