Un pont rouge sang entre toi et le ciel

Les prés se parent d’ors et de parme, Les champs se parent de jaune safran
Ton coeur à l’unisson, de ce vert délavé, qu’un fleuve a déserté.
De la rivière ne subsistent que les rives qui ont soif
Un vieux saule se penche, à tomber dans le lit sec
Et tu souffres en pensant à tous ces arbres creux
Qui tendent leurs bras morts au souvenir de l’eau
Sur le bord de la rive au dessus du  ruisseau
qui ne ruisselle plus.

Un pont rouge sang entre toi et le ciel

Les prés se parent des plantes desséchées
Que ne vient plus faire scintiller la rosée
Leur coeur sous la terre dure resté prisonnier
D’un éternel été et tu pleures en rêvant
Et tu souffres en rêvant des brumes montant
Des brumes matinales au dessus des prés
Il n’y a pas si longtemps…

Un pont rouge sang entre toi et le ciel

Les prés se parent de parme  et d’or, Les champs eux de jaune safran
Courageuses colchiques, vivaces renoncules,
Accrochées farouchement à quelques rares fossés,
Sous l’ombre suggérée de quelques arbres morts
Et tu souffres en pensant aux brumes d’antan
Fantomatiques errantes au dessus des prés,
Des prés et des champs, emperlés de rosée
Les brumes d’autrefois

Un pont rouge sang entre toi et le ciel

L’écorce n’est plus verte sur le coeur asséché
Sous la chair craquelée la sève ne circule
Le vieux saule se penche au souvenir de l’eau
De la rivière les talus s’effritent et tu hurles
Oui  tu pleures à ce leurre que l’arbre cherche
Dont les racines  s’épuisent à fouiller la rive
L’arbre exsangue dans sa lutte vaine a perdu
Il git désolé dans le lit à sec

Un pont rouge sang entre lui et le ciel

Et tu voudrais pleurer sur le vieil arbre mort
Au monde qui n’est plus et tu pleures en effet
Sur la terre craquelée de ta  chair desséchée
Sur le monde perdu de ta jeunesse enfuie
Sur les pluies d autrefois que tu buvais ravie
Et tu souffres égoïste et tu t’identifies
A l’arbre dont la sève a fini de couler
Victime collatérale
D’un éternel été

Un pont rouge sang entre vous et le ciel 

11 Comments

  1. C’est très beau…bien qu’en ce moment ce n’est pas la sècheresse qui est à redouter mais plutôt la submersion…note bien que je n’ai pas dit subversion…mais quand il pleut à verse des âneries, on est plus très loin du… pompon…Bravo à toi pour cette description très sensible de l’arbre pont.

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