Cette fille en cloque

Cette fille en cloque qui fumait des clopes tout en clôpinant le long le long des canaux là où d’après Jacques il faisait si plat si triste qu’ un canal s’est pendu …

Cette fille riait et de chaque coté de sa bouche si rouge, ses deux joues, rouge écarlate, lui faisaient comme deux rouges coquelicots.

Nous marchions tous deux le long des canaux, elle boitant un peu, de quelque pied bot, mais de si bon coeur, et l ‘eau rectiligne à perte de vue s’enfonçait très loin, ses côtés bordés d’herbes folâtres, à l’unisson au fond de ce qui m’animait…

Dans cet horizon doux bordé d’une lumière vague et frangée de brume je crus voir, l’espace d’un instant, se dessiner quelque chose…

Quelque chose comme une promesse tout juste esquissée, celle d’un avenir heureux.

Marcher pour la vie aux cotés de cette fille solaire, de cette fille en cloque, dans des prés pour toujours fleuris de coquelicots.

Marcher de bon coeur et rire à ses saillies rêvant mais en secret de nous étendre au pieds des saules qui penchent, languissants, leurs longues lianes de feuilles si vertes…qu’on les croiraient fluo…

Je m’abreùverais sans fin à sa poitrine renaissante que l’on devine ému sous le calicot pâle, sa gorge rougîrait du plaisir éprouvé, faisant écho, coquine, à ses joues coquelicots.

Elle devise en marchant de mille petits rien et je ne l’écoute pas, juste j’entends sa voix, cette voix, un peu rauque, elle faudrait bien un jour qu’elle arrête de clôper. Cette voix quoique rauque dont chacune des inflexions fait trembler mon échine.

Et je lui prends la main.

Elle me caresse alors, rêveuse, la joue, frottant ma barbe adolescente. Et me dit cruelle, autant que maternelle : « Allons Jacques tu sais bien mon grand que j en aime un autre… »

C’est au bord du canal la voyant s’éloigner, son petit cul serré dans le jean ajusté, et comme elle tournait dans le petit chemin menant à son village, la courbe de son ventre, étroitement sanglé.c’est là que je compris qu’elle n’était pas pour moi.

La bulle de mon rêve, tout à coup, éclatée, milles reflets d’elle au fond de l’eau si verte, dans le canal triste je me suis penché.

L’horizon tout à coup embrumé, ne reflétait plus que mon si vaste ennui…

Et j ai crié, et j’ai pleuré, Mathilde, je t’aimais tant, comment pourrais-je t’oublier, toi cruelle et tes joues coquelicots, tes jeunes seins sous ton petit calicot.

Seul son rire lointain m’a alors répondu… « Je reviendrai Jacques… »

L’a-t elle vraiment dit ?

On ne voit pas la mer, son coeur à marée basse, Tellement triste, un canal s’est pendu…

Enfourchant ma brèle, je suis rentré chez moi…

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